Clavicule - Le garage est mort, longue vie au garage !

Review - Garage is Dead par Clavicule - 13/07/2020

Garage is Dead / Clavicule / Beast Records / Visuel: Arrache Toi Un Œil

Je l'ai vu au loin, en rentrant chez le discaire. La pochette me disait vaguement quelque chose, une bestiole flippante, une pieuvre invasive. Je me saisis de la galette et y reconnaîs le sceau Beast Records, plus trop de soucis à se faire, nous sommes à la maison.
Le temps que ma mémoire réactive ses rouages et que mon cerveau se remette de l’étau infligeant qui lui imposait la canicule ambiante, je me répétais ce nom intérieurement: Clavicule, Clavicule, ça m’dit drôlement un truc. Ça se ramène finalement en un éclair: Clavicule, Rennes, en plein confinement (le cafard...). Du garage, je crois, de mémoire. Bon, j’irai écouter ça.


Ça vous pose au groupe

Garage Is Dead. Il faut avoir de sacrées épaules pour appeler son premier jet de la sorte. Plus que de bonnes épaules même, un débordant culot. Mais, a priori, ce n'est pas trop ce qui fait défaut aux 4 garçons de Clavicule: en témoigne le nom du premier morceau du disque, “Asshole”, dont je m’épargnerai la traduction. Car l’attitude est bien là: ça s’insulte de tête de fiac dès les premières minutes d'un morceau qui n’a rien d’un tranquille échauffement. L’album commence à pleine balle (il ne décèlera presque pas du long d’ailleurs) et on remarque d’entrée cette touche surf-rock reverbée qui habille si bien les mimiques plus conventionnelles du garage. Le chant, sans être particulièrement grandiloquent, réussit plutôt bien à travers ses hauteurs détachées bien qu'impliquées (les oxymores sont à la mode...), tranchant net avec les tendances criardes du moment.
L’interprétation est vive, organique, parfois extravertie, on est pris de suite. Ça pue l’iode.


Du sérieux, autant que faire se peut

Point du vue composition, c’est plutôt sérieux: on se moque pas de nous. Garage is Dead est habité de morceaux plutôt bien pensés et dont émane une âme punk appréciée. C’est rapide sans pour autant en être cache-misère, il y a de la place pour tout.
À l’occasion d’une interview pour lagrosseradio.com, le groupe admettait avoir pour point de départ le riff, le simple, le vrai. Et ça se ressent vachement: le jeu des guitares est vraiment soigné (autant que le genre le permet !) et inonde littéralement tout le disque. Les moments de répit sont rares et en deviennent d’autant plus appréciables. Clavicule jongle avec une vraie réussite entre successions bourrines de power-chords et riffs surf enchanteurs. Ajoutons à tout ce travail une section rythmique impeccable et le résultat est là: Garage is Dead arriverait presque à nous faire croire qu’il réinvente le garage. Évidemment ce n’est pas tout à fait le cas, le roi n’est pas encore tout à fait mort. Mais Clavicule jette un joli pavé dans un océan garage où les marées ont souvent balayé ses plus gros poissons vers des contrées plus expérimentales et parfois moins agressives qu’aux origines.

On retiendra notamment l'entêtant Asshole, dont je vous parlais précédemment. Mais aussi The Race et Today qui synthétisent avec succès tous les points précédemment débalés.



En attendant l'apogée

Garage is Dead est accessible, mais pas idiot. Sincère et toujours dans le coup. Le tout est très cohérent et la prod me semble absolument impeccable.
On retiendra alors de cet album beaucoup de bien, une formidable énergie. Et même si Garage is Dead doit avant tout se déguster sur scène, on vous encourage vraiment à vous procurer ce joli CD.

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