Pete Doherty and the Puta Madres, on a écouté leur album

(et c'était vraiment pas mal !)

Par Mael

le 06/05/2019

Dans Albums

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Peter Doherty est un de ces artistes à la productivité incessante, alliant entreprises solitaires et travaux de groupes accomplis. Figure indissociable des Libertines et icône malgré lui d’une jeunesse londonienne submergé par la démocratisation du crack dans la capitale anglaise, Peter Doherty n’a globalement jamais cessé de composer et rythme littéralement son existence avec les divers projets qu’il a eu l’occasion d’entreprendre. Ainsi, après un comeback en 2015 avec le cultissime groupe cité plus tôt, après un second album solo l’année suivante, à savoir Hamburg Demonstrations, Peter Doherty revient sur le devant de la scène avec une nouvelle formation revêtant, non sans nonchalance, la douce appellation des ‘Puta Madres’.

Please don’t put your life in the heads, of a rock’n roll band

Profitant ainsi d’une alchimie propulsée par le mélange culturel, le groupe entreprend dès 2018 la conception de son premier album, celui dont il est question aujourd’hui donc. Enregistré sur le nord des côtes françaises, ce premier opus respire l’apaisement et l’amertume de la houle. Comme s’il était la transcription musicale d’un repos retrouvé après 20 ans d’une vie tumultueuse, rythmée par excès et succès dégradants, Peter Doherty and the Puta Madres est un album d’une finesse travaillée et d’une ambiance prêtant aisément aux regrets ainsi qu’aux mots et maux leur étant relatifs. Manche et mélancolie, comme pourrions nous le définir. Et comme illustration parfaite, cette très bien amenée reprise de Don’t Look Back in Anger d’Oasis…tout fait donc sens.

>> Lire aussi: Retour sur le concert de Peter Doherty à Mythos, le dimanche 31 mars par Matis

Le spectre des Libertines semble désormais si loin

On a parfois l’impression de réentendre les crasseuses guitares de Barât, notamment sur l’introduction de The Steam, cependant, et il serait stupide de s’y méprendre, les Puta Madres ont sincèrement une identité musicale propre qui donne littéralement le charme à tout cet album. J’ai tout de suite en tête ce violon, très justement dosé, n’intervenant qu’au moment opportun, ajoutant comme un édifice de mélancolie aux ponts et diverses envolées des morceaux. Toujours dans The Steam, les cordes criardes de l’instrument rajoute, par exemple, la dimension désespérée à présent indissociable de la chanson. Le deuxième ajout musical majeur de ce projet réside probablement dans les plus rythmiques que mélodiques usages du piano. Traité avec un son très rond et doux, ce dernier et d’un apport vital au projet, lui fournissant ainsi un nouvel espace d’expression et consolidant une structure qui avait désespérément besoin d’une armature.

En définitive

A travers ce nouveau projet, le Peter Doherty des hôtels saccagés et des problèmes judiciaires semble bien loin (du moins c’est sans doute ce qu’il essaye de nous faire croire). Mature, possédant son lot de chansons attachantes et d’intimes plaidoiries, Peter Doherty and the Puta Madres, à défaut d’être la plus belle des productions du bonhomme, est un album sincère, ne demandant qu’à être partagé autour d’un cosy petit feu de bois. Qui se laisse tenter?

Points négatifs

On a connu mieux écrit de la part du lascar

Peut-être son premier album sans hymne remarquable, un choix?

7.4

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