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Les albums de PUP ont toujours été bons, si ce n’est très. Leurs deux précédents opus, PUP (2013) et The Dream Is Over (2016) étaient (et restent) des modèles en terme de composition, de dévotion et de fidélité envers une ligne éditoriale unique, intégrant aux rythmiques du punk des mélodies d’une rare qualité. D’un nihilisme fréquemment cinglant, ces deux albums étaient des défouloirs certains, des enchaînements abruptes de pessimisme et de satires ironiques d’une vie à courir derrière un public si proche d’être ‘mainstream’.

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La première vraie toile du quatuor canadien

Cependant, là où PUP a toujours fait plus ou moins du sur-place, vis-à-vis de ses productions, c’est dans sa capacité à livrer un album, un vrai. Comprenez-moi, PUP (2013) n’est plus ou moins qu’une succession d’hymnes punks et TDIO en est littéralement sa gueule de bois en s’affirmant comme un retour désenchanté sur la vie d’un groupe aux portes du succès. J'insiste sur le fait que ces deux opus soient excellents, cependant, un album pourrait se mélanger à l’autre sans que l’auditeur de s'aperçoivent d’une quelconque changement sur le plan de la composition. PUP (2013) et TDIO manquaient de couleurs, ils n’étaient qu’une succession de nuances de gris, plus ou moins appuyées suivant le niveau de distorsion employé. De ce fait, il manquait au groupe cet album de la maturité, ce disque à la production sur-soignée, aux transitions efficaces et à l’ambiance globale unanime. Il manquait au groupe un album s’affirmant dans sa teinte, un disque témoignant avec justesse et technicité des près de 10 d’expériences de la formation; un album porte-étendard de sa capacité à faire voyager l’auditeur dans un univers défini, n’omettant cohérence et réalisme. En somme, ce qu’il manquait à PUP n’est rien d’autre que Morbid Stuff.

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Sorti ce 5 avril, Morbid Stuff est indéniablement l’album de ce début d’année. Grisant, méthodique et appliqué, il réunit nombre des éléments garantissant à un disque prospérité et héritage. Petit tour d’horizon:



Morbid Stuff c’est avant tout une couleur, un rose fade, un jaune desséché, un vert auquel on aurait retiré toute vie. L’album est d’une cohérence exceptionnelle, son identité restera terriblement forte et marquée à travers toute la discographie du groupe. Sa musicalité est en effet inédite dans l’oeuvre de PUP: les riffs sont désenchantés; plus qu’à l’habituel, les harmonies vocales omniprésentes, les sonorités employées empruntent parfois à des genres voisins (comme le pont de Closure, me rappelant énormément les mimics d'American Football, de l’emo donc)...


Tout semble construit avec minutie. Les enchaînements sont d’une justesse rare, les hymnes de l’album (Kids, Free at Last) n’empiétent en aucun cas sur les moments plus intimes du disque. Morbid Stuff semble former un tout où chaque croche et ‘dérapage’ musical semblent purement prémédités, à l’image du si surprenant et jouissif final de Full Blown Meltdown, composition ultra-heavy, sortant littéralement l’auditeur de sa bulle avant le délicieux Bare Hands, morceau pouvant sembler classique mais qui révèle sur sa forme des ambitions très originales pour PUP.




Deuxièmement, la richesse de Morbid Stuff s’illustre aussi à travers le songwriting de Stefan Babcock, frontman du groupe. “Playing super-fun, rowdy, high energy songs about miserable shit is really a cathartic, productive, fun way to deal with all these negative emotions.” Ainsi, comme le canadien a pu le révéler au Rolling Stone Magazine, Morbid Stuff est un condensé d’introspection, de doutes, d'hémorragies dépressives et de virulentes crises existentielles. Durant 37 minutes, sur le tempo hyper-rapide des batteries, Steph nous fait donc part de sa doutes vis-à-vis de la vie d’adulte, de ses peurs quant à la nonchalance avec laquelle il peut accueillir les plus dramatiques des situations et prend même le temps de nous parler d’amour avec le remarqué single qu’est Kids. Ces différents éléments s’accordent évidemment parfaitement avec la musicalité du projet et forment le tout caractérisant le succès de Morbid Stuff. On a bien fait de patienter 3 ans !




PUP sera en concert à Paris le 14 avril (c’est complet) et le 18 novembre (prenez vos places).

Points négatifs

On va vraiment devoir attendre encore 3 ans pour le prochain?

9.3

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