Trainspotting, chef d'oeuvre britannique

Par Mael

le 16/05/2019

Dans Hors-série

Oui, d'habitude on parle pas de cinéma, mais aujourd'hui sera une exception. Initiallement, le billet devait être adapté en format vidéo, cependant, sous la pression de mon emploi du temps et de mon implacable flemme, ce dernier restera sous sa forme manuscrite (et c'est peut-être mieux comme cela)... Bonne lecture ! Ce billet contient des spoils mineurs.



Trainspotting est très certainement l’un de mes films favoris. Je l’ai vu à de multiples reprises et n’ai globalement jamais cessé de m’émerveiller devant ses scènes incroyables, devant ses personnages riches en développement et devant sa si brute retranscription de la réalité (bien que souvent assez romancée, entendons-nous bien). Il est pour moi un monument du cinéma anglais et, plus que cela, un témoignage vif du savoir faire britannique quand il s’agit de remettre en question les modèles sociaux sur lesquels s’appuie sa société.

Alors, pour tenter de vous communiquer et de vous illustrer les raisons me poussant à aduler l’oeuvre de Danny Boyle, je vous propose, aujourd’hui, une petite rétrospective des éléments qui font de Trainspotting un chef d’oeuvre du cinéma.

Voici une partie de la video dont j'avais initiallement entrepris la réalisation.

Pour ses personnages

Comme j’ai pu l’évoquer en introduction, la première force de Trainspotting réside peut-être dans la qualité d’écriture de ses personnages. Tout le film durant, nous suivrons donc les mésaventures d’une bande de potes complètement accros à la drogue. Entre crises addictives, tentatives de rédemption, bagarres générales, sexe et vol en bande organisée, tout l’intrigue tourne évidemment autour d’eux et de leurs relations.

Dans un premier temps il y a Renton, personnage principal et plutôt bon gars de la fiction, toujours fourré dans les mauvais coups par des concours de circonstances désavantageux.


Puis Spud, l’attachant bennet de la bande. Sans oublier les charismatiques Miller et Tommy, le psychopathe ambulant qu’est Begbie où encore Sick Boy, hipster avant l’heure. Ce qui fait la force de ce groupe, c’est donc ses qualités de développement. L’écriture est soignée, appliquée et toute action, même improbable, est justifiée par un travail de développement des personnalités de chacun. Ainsi, on s’attache facilement, on devient aisément empathique des déboirs de Renton, lorsque ce dernier souhaite se détourner de la drogue, on comprends réellement ce qui pousse Begbie à provoquer des effusions de sang à tout bout de champs.

Tout est bien amené, en sommes, on est réellement loin de la dernière saison d’une série très populaire actuellement diffusée.



De plus, les interactions entre chacun des protagonistes sont d’une beauté et d’une justesse assez rares pour être soulignées. J’ai notamment en tête les supers dialogues entre Renton et Sick Boy, la douce sensibilité de Diane ou encore les fresques burlesques de Begbie. Ajoutons à cela une narration au petit oignon et nous obtenons un film à l’écriture presque irréprochable. Bien évidemment, cette dernière ne fait pas tout et une grosse partie du travail reposait bien sûr sur les épaules des acteurs...qui ont plus qu'excellement bien rempli leur mission.

Pour sa scenographie

Je vais être assez direct, pour moi, toutes les scènes, toutes les loufoques expérimentations de la réalisation et tout le travail apporté sur la photo sont des éléments absolument cultes.

Tout est sublime, parfaitement ancré dans son époque et filmé en total adéquation avec l’humour noir omniprésent durant tout le film. Et quand il s’agit d’exprimer les montées ou descentes liées à la drogue, encore une fois c’est un sans faute. C’est créatif, prenant, tantôt drôle, tantôt anxiogène et jamais de trop.


J’ai aussi toujours adoré la retranscription du monde de la nuit, l’évolution du mobilier des protagonistes en fonction de leur degré d'addiction et, bien évidemment, la facilité avec laquelle Boyle sait mettre en scène la folie destructrice de ses personnages.

Pour sa BO

Vu qu’on est quand même plus au moins spécialisés dans la musique, il serait peut être pertinent de la prendre en compte pour appuyer encore une fois sur la grandiosité du film. Le constat n’est point ambigu, la plupart des titres composant la Bande Originale de Trainspotting sont des tubes en puissance: Lust For Life, Perfect Day de Lou Reed, Miles End de Pulp ou encore Sing de Blur. Typiquement british, provenant souvent des milieux populaires ouvriers mis en scène dans le film, ces morceaux rajoutent inévitablement une nouvelle dimension à l’oeuvre, l’ancrant davantage dans son époque, lui offrant un support de crédibilité, une énième possibilité d’embarquer le spectateur dans son histoire.


La Bande Originale n’oublie pas non plus de mettre en scène le parallèle rock et new-waves, divisant alors la jeunesse entre clubbers et nostalgiques de la gratte. Pas de doute, on est bien dans les années 80.

Pour sa brutalite

Trainspotting est sale, grossier et corrosif. Il n'omet rien de la vie brutale de ses protagonistes. Mort, sexualité, trip hallucinogène, tout est mis en place pour secouer le spectateur et,inutile de vous dire que ça marche. On parle quand même d’un bébé mort à l’écran. A travers cette prise de position, le film n’en est que plus immersif, plus prenant dans la démarche de ses personnages et diablement plus efficace vis-à-vis des émotions qu’il souhaite communiquer. Inévitablement, les scènes trash rendent les scènes plus joyeuses bien plus chaleureuses et inversement, toutes nos émotions s’en retrouvent amplifiées.

Tout ca pour vous dire

Le temps défile tranquillement et il est sûrement l’heure d’écourter ce pompeux éloge. J’ai pris beaucoup de plaisir à vous parler de trainspotting et j'espère sincèrement avoir réussi à vous convaincre de sa grandeur, son importance et de sa qualité dans le paysage cinématographique.

Bonne journée !