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Comment les Pixies ont influence toute une generation de musiciens ?

Par Mael

le 31/05/2019

Dans ARTICLE

Voilà 30 années que ‘Doolittle’, album de la quintessence des Pixies, est paru au grand jour. Héritage de son époque, tourbillon d’influences punks, il est de ces albums qui ont totalement chamboulé le cours de l’histoire sans pour autant en intégrer pleinement ses grandes lignes. Injustement relégué au second plan des succès populaires du punk-rock, ‘Doolittle’, comme la quasi-intégralité de l’oeuvre du groupe, est pourtant un élément majeur quant à l’explosion de nombreux groupes cultes dont nous reparlerons plus tard.

Alors, pour essayer de prouver le fait que les Pixies n’ont pas seulement composé la chanson de fin de ‘Fight Club’, je vous propose aujourd’hui d’étudier en quoi les lutins de Boston ont apporté un renouveau massif sur la scène rock des années 80.



L'avènement des gars (et de la fille!) normaux.

10.000 dollars, voilà le budget alloué au premier album du groupe, ‘Surfer Rosa’. Enregistré en 10 dix jours dans des conditions presque amateures, il est par définition le petit album ayant rapporté des millions. En guise de comparatif, un album de Foo Fighters c’est 1.000.000 de budget…

Une duo de copains ayant échouée à la fac, des musiciens ne maîtrisant même pas leur instrument recrutés après une annonce dans un journal local, il n’a rien fallu de plus pour former un des plus grands groupes de la décennie. Car, et vous en conviendrez facilement, les Pixies sont normaux, voire un peu trop. Sincères, témoignant l’ennui et bénissant la folie, les albums du groupe ont tous connu un écho relativement important auprès d’une jeunesse qui avait encore du mal à trouver ses représentants. Comme les Stone Roses de l’autre côté de l'océan, les Pixies ont réussi à parler à une jeunesse populaire et à leur vendre des disques à la pelle. No sex, no drugs, mais du rock’n roll.


C’est en partie sur cet aspect que le groupe doit son riche héritage donc. Décomplexer le groupe fauché et les gars sans personnalités extravagantes à proposer, voilà peut-être leur plus grand coup de force. En tous cas, Rivers Cuomo doit bien les remercier.

Un nouveau parti pris d’écriture

Avez vous déjà essayé de déchiffrer les paroles de Where is my mind ? Car moi oui et, spoiler, elles ne veulent absolument rien dire. Coller des mots les uns à la suite des autres, c’est comme ça que Frank Black (leader du groupe) avoue composer. Étant complètement décomplexé, vis-à-vis de leur (relative) pauvreté lyricale, le groupe a alors pu se concentrer sur ce qui comptait vraiment à l’époque: l’énergie, la puissance d’un refrain et l’efficacité d’une mélodie.
Vous trouverez sans doute le raccourci tiré par le cheveux voire complètement stupide mais tant pis, je l’ose: si aujourd’hui JUL cartonne, c’est en partie grâce aux Pixies (oui oui) . En effet, si il y a bien un groupe qui selon moi à permis l’avènement de la chanson au non-sens, c’est bien les Pixies. Bien que le psychédélisme des années 60 empruntait déjà cette voie lors de ses trips hallucinés, je pense que le sarcasm et l’absurde générés par le groupe dont il question aujourd’hui étaient bien plus impactants. Alors, ne vous étonnez plus de rien comprendre à Smells Like Teen Spirit ou a Every You Every Me de Placebo, c’est assumé et Frank Black en est inévitablement pour quelque chose.

Au nouvelle manière de composer

Avènement du grunge et des refrains explosifs, les Pixies ont amené sur la scène rock de l’époque une toute nouvelle énergie.

«Black Francis se crée un style vocal propre, grâce à une rock star thai (!) qui lui conseille de hurler « comme si tu détestais cette pute un peu à la façon de McCartney dans ’Oh Darling’ !”

Concoction de brutalité et d’humour absurde, la recette Pixies connaîtra un écho phénoménal notamment en Angleterre où la britpop n’avait pas encore tout envahi. Des couplets calmes et des refrains rageurs, tout cela nous paraît si anodin aujourd’hui mais l’était bien moins hier. Débraillée, jouissive et possédante, leur musique n’a pas pris une ride et survit encore aujourd’hui à travers des oeuvres d’artistes ayant tous scandé l’insolence sur Gouge Away.



4 titres reprenant directement le concept des Pixies



Smells Like Teen Spirit - Nirvana

« Quand on a eu fini Smells Like Teen Spirit’, on s’est regardes avec Chris et on a dit : ’ça sonne vraiment comme du Pixies. Les gens vont nous épingler à cause de ça »). »


Kurt Cobain

'Nevermind' doit finalement tout à 'Doolittle'


Creep - Radiohead


Sweater - Weezer

“ Ce groupe m’a vraiment retourné la tête lorsque je suis allé pour la première fois à Los Angeles et que je découvrais la musique cool »


Rivers Cuomo


Song 2 - Blur

“ Lorsque nous avons commencé nous voulions sonner comme les Pixies »


Damon Albarn


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