Du Pire Au Meilleur - Julian Casablancas

Par Mael

le 14/02/2019

Dans DPAM

J’étais tout foufou, je me suis dit: “ça y est, je vais enfin les voir ! Je vais enfin voir les Strokes!”. Quelle opportunité cela présentait, pouvoir voir un tel groupe avec, dans le même week-end, twenty One pilots et Shame à l’affiche ! Cependant, une telle illusion ne pouvait perdurer bien longtemps, il fallait forcément que les festivals parisiens soient si chers et les commodités si difficiles à satisfaire… fait chier. Alors, pour combler ma profonde tristesse j’ai décidé de me refaire toute la discographie de Julian Casablancas, leader et unique argument créatif des Strokes et de vous en présenter les grandes lignes… du pire, vers le meilleur.

Clique sur les pochettes pour écouter l'album sur Deezer!

Un point chronologique avant de commencer

Avant tout, pour que l’on soit tous sur un pied d’égalité et pour que chacun puisse appréhender au mieux les paragraphes qui suivront, je vous propose ici un petit rappel historique des faits:

Is This It (2001) - The Strokes
Room on Fire (2003) - The Strokes
First Impressions of Earth (2005) - The Strokes
Phrazes for the Young (2009) - Julian Casablancas
Angles (2011) - The Strokes
Comedown Machine (2013) - The Strokes
Tyranny (2014) - The Voidz
Virtue (2018) - The Voidz

Angles (The Strokes)

Sorti en 2011, Angles incarnait le retour du groupe new-yorkais après plus de 6 d'absence. En effet, malgré certaines tensions au sein de l’effectif, la bande à Casablancas se relance finalement dans un nouveau projet pour honorer les termes de leur contrat (qui stipulait notamment la production d’au moins 5 albums).

Mais alors, que nous réserve Angles?
Premièrement, une ambiance assez torturée et plutôt complexe à approcher tant les mélodies peuvent paraître enchanteresses à la première écoute. Ces dernières occupent en effet une place omniprésente dans l’album, parfois à l’instar du rythme, qui se voit bien moins valorisé que dans les premiers opus du groupe. Les riffs de guitares sont ici incisifs et particulièrement efficaces une fois que les chansons sont bien imprégnées dans la tête de l’auditeur (plusieurs écoutes seront donc indispensables). L’album dégage une sensation d’esthétisme certaine et est produit avec un réel soucis d’”épuration”” (oui, ce mot n’a aucun sens, je veux juste vous faire comprendre que les enregistrements en une prise avec des guitares plutôt crasseuses sont bels et biens révolus ici, le son est très lisse ^-^).

Pour être honnête, j’aime bien cet album ! Il est loin de casser trop pattes à un canard mais fait très bien son boulot ! Sur Angles, fini la désinvolture de la jeunesse new-yorkaise des années 2000, place à présent au spleen parfois ennuyant des adultes ayant parcouru le monde entier sans parvenir à trouver meilleur domicile. A l’inverse de ce que j’ai pu lire ailleurs, Angles garde une certaine cohérence du début à la fin et fournit un contenu, bien que sans doute fait à l’arrache, assez qualitatif !

Comedown Machine (The Strokes)

Suite directe d'Angles, Comedown Machine est plus ou moins une copie conforme de son prédécesseur.. A quelques exceptions près. L'album épouse en effet les mêmes teintes qu'Angles: une ambiance assez torturée, des productions plus épurées et des envolées propres aux deux derniers albums des Strokes: à l'image du très correcte Welcome To japan.

Cependant, cet opus se démarque quelque peu en assumant pleinement sa nouvelle identité. En effet, là où l'on retrouvait dans Angles beaucoup d'influence du passé, CM rejette presque la guitare au profil de synthés et autres instruments à cordes. Les rythmiques n'ont que peu d'identité tant elles se retrouvent effacées: la voix semble mener la danse, les instruments essayent de suivre. Néanmoins on notera sur 50/50 des sonorités bien plus rock. C'est pour moi l'unique morceau contredisant tout ce que je viens de vous raconter !

En somme, CM est très loin d'être un mauvais album et brille à plusieurs reprises grâce à ses prises de risque. Cependant, une trop grosse partie des morceaux reste oubliable. Certains sont effet entrés dans une case déjà vue et revue au point qu'ils en deviennent vraiment anecdotiques. C'est notamment le cas pour Partners in Crimes et Happy Endings...

Virtue (The Voidz)

Tout fraîchement sorti, Virtue est une bombe de fraîcheur dans la carrière de Julian! Accessible, cohérent, pluriel et innovant au possible, l’album nous embarque dès ses premières notes pour un drôle de voyage entre rock, pop et électro. Subtil et technique, Virtue s'affirme donc comme une des plus belles parenthèses de 2018.

Usant des vocodeurs et des synthés à la quasi-perfection, The voidz accouche ici d’un disque aux sonorités cyber-punk qui accompagneraient parfaitement les nouvelles ambitions de CD Projekt. En résumé, foncez le découvrir !

First Impression of Earth (The Strokes)

Dernier album de la première trilogie des Strokes, FIOE peut être interprété comme un pseudo concept-album: les découvertes d’un individu découvrant la terre pour la première fois et jonglant entre les émotions au fur et à mesure de ses expériences.

L’album s’ouvre sur You Only Live Once, peut-être ma chanson préférée du groupe. Joie de vie et euphories éphémères y résonnent comme mille vies, de loin l'une des compositions les plus gracieuses des Strokes.
Plus loin le disque nous abreuve aussi des très bons Heart In A Cage et Ize Of The World, des tubes en puissances qui iront presque jusqu’à nous faire oublier les longueurs du milieu d’album.

Ainsi, bien qu’étant plus heavy et sans doute plus inégal que son prédécesseur, FIOE s'inscrit comme digne successeur à Room On Fire… un album sur lequel il est à présent tant de se pencher.

Phrazes for the Young (Julian Casablancas)

Mais avant cela on fait un petit détour par le premier projet solo de Julian. Très clairement, je peux pas être objectif là-dessus, c’est au dessus de mes forces. J’adore cet album, j’adore l’ambiance, la production et même les traits bien moins rock de ce projet vis-à-vis des autres.
C’est dansant, grisant, enveloppant, on n’en ressort pas indemne.

Alors oui, c’est kitch, parfois un peu facile et surjoué mais bon, on pardonne facilement ces petites erreurs à Julian quant on voit l'efficacité de Out Of The Blues ou de 11th dimensions ! Le son est globalement proche de celui d’Angles mais les ambitions rythmiques sont bien plus assumées, Casablancas n’hésite pas à opter pour des tempos très rapides avec des synthés complètement affolés en soutien, à l’image de River of Brakelights, véritable trip proche de la synth-wave. Cependant, petit (et peut-être seul) point noir de l’album: la voix du new-yorkais peut très vite devenir agaçante tant elle est mise en avant et tant Casablancas n’a jamais été exceptionnelle point de vue vocalisme...

Room on Fire (The strokes)

The End Has No End est une chanson putain d’incroyable.
The End Has No End est une chanson putain d’incroyable.
The End Has No End est une chanson putain d’incroyable.
The End Has No End est une chanson putain d’incroyable.
The End Has No End est une chanson putain d’incroyable.
The End Has No End est une chanson putain d’incroyable.
The End Has No End est une chanson putain d’incroyable.
The End Has No End est une chanson putain d’incroyable.
The End Has No End est une chanson putain d’incroyable.

En vrai j‘ai pas grand chose à dire tant cet album est similaire au prochain album de la liste. Donc, en résumé: il est excellent, va l’écouter.

Is This It (The Strokes)

Le rock est fait de ces instants captés en plein vol, de ces mélodies arrachées sur le fil et de ces alchimies si éphémères. Principaux influenceurs des Arctic Monkeys ou des Libertines, les Strokes, à travers Is This It ont réussi le remarquable exploit de réanimer la flamme rock d’une décennie perdue dans les délires hip-hop et electro.

Sorti en 2001, Is This It s’est très vite imposé comme l’insouciante bande originale d’une jeunesse new-yorkaise ayant pourtant connu le pire avec les attentats perpétrés envers sa ville la même année.
Brute, saturé, désinvolte, on retrouve sur cet album tous les éléments qui amèneront la presse internationale à qualifier les Strokes de “sauveurs du rock”: des guitares omniprésentes, une basse discrète mais imposante, une batterie battant la mesure comme le plus fidèle des métronomes et, bien sûr, la voix garage et saturée de Casablancas.

Avec onze morceaux enregistrés en session live, cet album reste pour moi un monument du rock et peut-être le meilleur album jamais produit aux Etats-Unis. Terre à terre avec toutes les petites réalité dont leurs auditeurs sont acteurs, les Strokes visent juste en proposant un riche mélange de vécu et d’espérance dans leurs paroles. Les mots sont honnêtes et les mélodies ne seront plus jamais aussi accrocheuses, ce disque avait de toute évidence tout pour lui.

Je pourrais faire tous les efforts du monde, je ne me vois vraiment pas rédiger un avis construit et cohérent sur ce disque tant il m’est cher. Bande son de mon été 2018, il s’est facilement imposé comme étant un de mes albums préférés. Ses sonorités à mi-chemin entre Television, les Sonics ou les Ramones me touchent particulièrement et je me vois mal abandonner un jour ce bijou de justesse… Je me remet Modern Age pour la forme.

Découvrir Julian Casablancas et son évolution à travers tous ses projets

Je suis trop bon, je le sais. Ainsi, pour vous motiver un maximum à découvrir cet artiste bien trop méconnu en France, je vous propose une petite playlist regroupant les deux meilleurs morceaux de chaque album selon moi, c'est cadeau !

Partage ce contenu sur les réseaux sociaux