Du Pire Au Meilleur - Arctic Monkeys

Par Mael

le 29/01/2019

Dans DPAM

Bonsoir amis lamas ! En m'appuyant sur un concept déjà largement popularisé un peu partout sur Internet, j'ai aujourd'hui décidé, dans ma humble bonté, de vous présenter un petit tour d'horizon de la discographie du groupe anglais le plus populaire de cette dernière décennie (et que j'entende pas un « Muse » dans l'assemblée). Entre expérimentations plus que moyennes et véritable claque rock'n'rollesque, on s'intéresse aujourd'hui aux albums des Arctic Monkeys...du pire, vers le meilleur.

Clique sur les pochettes pour écouter l'album sur Deezer!

SUCK IT AND SEE (2011)

Alors oui, je veux bien entendre que cet album fait office de transition entre le son d'AM et celui des Monkeys du début. Cependant, bien que multipliant mes efforts, je vois assez mal comment on a pu passer de la fraîcheur d'Humbug à cet album d'un ennui sans nom. C'est mou, long, peu inventif. Comme l'illustre sa pochette, l'album qui devait s'affirmer comme l'album de la maturité se révèle finalement d'un certain creux artistique. En effet, même les semi-pépites que sont She's Thunderstorms  et Don’t Sit Down ’Cause I’ve Moved Your Chair ne parviennent pas à embellir l'impression générale. Je ne m’étendrai pas plus sur cet album car des choses bien plus intéressantes sont à étudier plus loin... c'est dommage, c'est avec cet album que les Monkeys sont passés d'espoirs confirmés du rock à ces trentenaires bien trop propres sur eux.

Tranquility Base Hotel + Casino (2018)

On s’attaque à présent à un album qui a fait couler beaucoup d'encre. Je dois bien vous avouer que, lors de ma première écoute, TBHC m'avait plutôt convaincu. En effet, je m'attendais quelque peu à ce changement de cap et j'avais eu le temps de m'y préparer à l'avance. J'ai donc abordé cet album sans grands espoirs de réentendre les guitares crasseuses de Whatever People Say I Am, That's What I Am Not. Cependant, après quelque écoute prolongées, une sensation plutôt désagréable a très vite surgit : c'est un peu toujours la même chose en fait. En effet, quand j'écoute TBHC, j'ai réellement l'impression d'entendre un seul et unique morceau de 40 minutes de long. Cet aspect pourrait se révéler intéressant si les morceaux avaient un semblant originalité, cependant, on a juste l'impression d'entendre un Gainsbourg anglais version musique d’ascendeur et ça, c'est définitivement loin d'être une bonne chose. Même si les textes, si tenté qu'on soit assez motivé pour s'y pencher, abritent tout de même une certaine richesse en terme de lyrisme, la faiblesse mélodique du projet efface tous autres aspects positifs au point qu'on se retrouve à se demander pourquoi les Monkeys s'en vont chercher l'inspiration sur la lune, alors qu'elle les attend de pieds fermes à Sheffield. (On remarquera à quel point cette dernière phrase est de mauvaise foi, évidemment qu'un artiste a besoin d'évoluer au cours de sa carrière...)

Le pire, c'est que cette impression s'amplifie en live où les Monkeys vont jusqu'à ré-adapter certains de leur succès passés à la sauce TBHC...un carnage.

AM (2013)

AM où l'album qui a enfin permis à nos p'tits singes de s'affirmer en Amérique, quelque chose que convoitait Alex Turner depuis plusieurs années déjà. Pour la petite histoire, peu avant la production d'AM, les Arctic Monkeys faisaient la première partie des Black Keys sur le continent américain. Profitant de ce terrain de jeu pour expérimenter quelques sonorités et étudier l'appréciation du public, c'est en majeure partie grâce à ces expériences qu'AM connaîtra un impact si retentissant à l'international.

J'aimerais être assez clair, cet album est très loin d'être mauvais et, comparé aux deux albums précédemment cités, il est même plutôt bon. En effet, R U Mine? reste une de mes chansons favorites du groupe et elle est loin d'être la seule à se démarquer du projet. Cependant, en se penchant réellement sur la production du disque, on parvient sans mal à relever quelques failles majeures. Ainsi, on soulignera cette drôle d'impression de répétition : les riffs se ressemblent (deux trois allé-retours sur le manche qu'on répètent sur trois minutes) et la section rythmique s'apparente bien plus à celle d'un groupe de hip-hop qu'à celle d'un groupe de rock. Le tempo est toujours super lent et s'appuie presque à chaque fois sur les mêmes bases. Je me demande encore comment Matt Helders a pu accepter de voir son rôle si largement amoindri. Ainsi, A l'image de sa pochette, AM est incroyablement minimaliste dans sa production (sans doute, encore une fois, dans le souci d'intéresser un public un peu plus large que la classe moyenne du nord de l’Angleterre) . L'ambiance groovie, bien qu'allant relativement bien avec la nouvelle image du groupe, oublie souvent de nous donner un p'tit coup de collier pour nous réveiller quelque peu et, malheureusement, les perfectos et le soin apporté aux coiffures ne suffisent pas à faire la qualité d'un album, dommage !

HUMBUG (2009)

On arrive finalement aux trois albums se démarquant clairement de la discographie des Arctic Monkeys. Le premier, Humbug s'affirmera sûrement, avec le temps, comme un parfait témoignage du fait qu'il soit possible pour un groupe de se diversifier sans pour autant perdre ce qui faisait sa qualité par le passé. Sur le plan chronologique, Humbug est le troisième album du groupe. Il sort notamment après qu'Alex Turner ait décidé de prendre une petite pause pour se refaire une santé recréatrice avec son ami de toujours, Miles Kane (on aura l'occasion de reparler de ce personnage dans le futur, en effet, il est très probable qu'il soit à l'origine du douteux virage artistique des Monkeys après Humbug.. mais cela est un autre débat).

Concernant l'album, sachez tout d'abord que ce dernier est d'une fraîcheur absolue. Misant davantage sur l'ambiance générale du projet, parfois proche du psychédélisme, les Arctic Monkeys accouchent ici d'un album aux sonorités lourdes et parfois oppressantes, comme l'illustre le superbe Dangerous Animals. Bien épaulé de Josh Home (leader des QOSTA), le groupe signe ici un album d'une cohérence folle, où chaque chanson (ou presque) apporte sa pierre à l'édifice. On soulignera notamment l'efficacité incroyable des 4 premiers morceaux de l'album ainsi que la touchante composition de Cornerstone. Le projet est donc une totale réussite à mes yeux !

On regrettera cependant Potion Approaching, qui reste pour moi bien en deçà du reste. En résumé, Humbug est un album assez injustement sous-estimé et j'invite chacun d'entre vous à y prêter une oreille quand l'occasion se présentera !

Favourite Worst Nightmare (2007)

L'attachement que je porte à cet album est globalement identique à celui que je voue à Humbug. FWN reste selon moi un album super couilloux (pardonnez-moi l'expression) qui à l'honnêteté d'être totalement sincère dans sa démarche. En effet, comparé au premier album du groupe, ce deuxième opus se veut bien plus mature et réfléchi. On s'éloigne ainsi quelque peu des haleines de clope et des gueules de bois, FWM laisse place à des expressions sentimentales dépassant les Tu m'aimes, je t'aime pas propres de Whatever People Say I Am, That'S What I Am Not. Ainsi, bien que le style n'évolue pas drastiquement, les thèmes et l'ambiance générale du projet le démarque clairement de l'opus précédent. Alors que WPSIATSWIAN brillait par sa fougue, FWM nous captive dans sa désillusion.

Concernant les composantes musicales caractérisant la réussite de l'album, on notera cette batterie tout terrain que l'on regrettera tant par la suite. On relèvera aussi l’implacable efficacité de tous ces riffs explosifs sous distorsion, à l'image de ceux deBrianstorm ou d'Old Yellow Bricks. Enfin, on se régalera des très intelligentes transitions proposées entre les premiers morceaux : un régal ! Ainsi, FWM reste l'album qui à confirmé le talent indéniable des gamins de Sheffield sous les regards amers des plus persévérants de leurs détracteurs. Comme un coup de force majeur des années 2000, FWM s'écoulera à près de 220,000 exemplaires et sera encensé par la presse et par le public !

Whatever People Say I Am, That'S What I Am Not

Ai-je réellement besoin de justifier pourquoi cet album se retrouve en haut de mon classement ? Je ne pense pas mais, dans le doute, je vais m'y risquer... un peu plus tard. En effet, dans un futur relativement proche je compte vous proposer une review un peu plus complète qu'un simple paragraphe d'une dizaine de lignes à propos de cet album. Alors, en attendant que cette dernière sorte, je vous invite très fortement à redécouvrir (ou peut-être même découvrir?) Whatever People Say I Am, That'S What I Am Not ... A bientôt sur La Platine !

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