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Decouvrez DMA'S, la plus touchante importation australienne de ces dernieres annees

Par Mael

le 04/07/2019

Dans ARTICLE

Dans le petit studio de la renommée ‘Triple J’, trois lurons, dont l’apparente timidité s’accorde parfaitement à leur nonchalance, prennent place devant les micros de la radio australienne. Quelques notes de guitares acoustiques surgissent, très vite accompagnées par la douce présence d’une électro-acoustique, raffinée de reverb et d’écho. C’est aussitôt que débarque la voix d’ange de Tommy O’Dell, aussi claire qu’une certaine eau et particulièrement mise en valeur par l’ingénieur son de l’émission. La combinaison s’empare d’un drôle de charisme et, très vite, l’auditeur reconnaît les traits de Believe, morceau initialement incarné par Cher. Dépossédant totalement le groupe précédemment cité de son morceau phare, trois jeunes garçons, aux allures débraillées et aux yeux fatigués sèment ici la graine d’une carrière jusqu’ici chapotée avec brio. Nous sommes en octobre 2016 et le grand public découvre DMA’S, la plus touchante importation australienne de ces dernières années.



Une technique, un son propre, une atmosphère

L’histoire débute cependant bien plus tôt, avec un premier EP éponyme en 2015 puis un premier album remarqué dans le milieu: ‘Hills End’. Ce dernier, connaissant un succès plus d’estime que commercial, permettra tout de même au groupe de se mettre en jambe afin de conquérir petit à petit une scène indie-rock particulièrement ouverte à leur formule. Cette dernière est, comme j’ai pu vous le décrire plus tôt, en somme toute classique mais diablement efficace: une guitare acoustique purement rythmique, une guitare électrique n’abusant jamais de la saturation pour le lead, une voix au timbre clair particulièrement appréciable et tout cela soutenu pour une sessions rythmique ayant le mérite de trouver sa place dans les compositions du groupe.

Rappelant tantôt l’Oasis des débuts pour son côté acoustique, tantôt les Stone Roses à travers ses riffs (comme sur Break Me), DMA’S a su peaufiner au fil du temps un son qui, bien que rempli d’influences, s’est rapidement imposé comme la signature unique d’un groupe plein d’avenir. Prenant particulièrement vie lors de sessions unplugged, les compositions portées par le trio sont donc d’un naturel satisfaisant et d’une certaine vitalité.




Un apport sincère bienvenu

La musique de DMA’S est tendre, douce et tout cela est peu dire (on relèvera cependant quelques exceptions dont nous reparlerons par la suite). Le côté électro-acoustique y étant pour beaucoup, certains morceaux, comme Step Up The Morphine ou encore Delete, sont donc d’une chaleureusité incroyable et provoquent parfois à eux-seuls une certaine mélancolie.


Sans grande surprise, les thèmes de l’amour sont assez récurrents, si ce n’est totalement omniprésents. Dans la pure tradition du genre, on aura l’occasion d’écouter complaintes à propos d’une rupture, les doutes d’un jeune vis-à-vis de son couple etc etc, je n’ai nul besoin de vous en faire un dessin. Pour nous francophones, on s’épargenera cependant ces parfois redondantes lamentations pour plutôt se concentrer sur la voix planante de Tommy et sur la sonorité de ses mots toujours si bien choisis.



DMA’S dégage donc une sincérité semblant émaner tout droit d’un feu de camp. Chaleureuses, douces, bien rythmées et produites en plus d’être particulièrement authentiques, leurs compositions ont donc ce p’tit truc en plus, ce p’tit truc indispensable pour remplir des salles.


Cependant, les ballades ne sont pas la seule arme de groupe. En effet, DAM’S sait aussi produire des bangers, comme les très bons Lay Down et Warsaw. La batterie y est ici plus présente (rappelant parfois The Cure) et les riffs particulièrement incisifs. Faire danser une foule c’est donc totalement dans les cordes du groupe et, évidemment, on adhère totalement.


DAM’S c’est aussi des gueules

On pourra dire ce que l’on voudra, mais un charisme peut aussi apporter son petit truc à l'ascension d’un artiste. Une chose est certaine, DMA’S n’en manque pas. De la nonchalance de Tommy mâchant un chewing-gum en plein live lors de la session Triple J, de l'identité vestimentaire de la formation, reprenant tous les codes de l’indie-rock et des figures en ayant fait les gros titres (on a parfois l’impression de retrouver l’esthétisme des Gallaghers où d’un certain Ian Brown) jusqu’à la dimension graphique de leur projet, tout est d’un carré certain, d’une beauté certes rarement lisse, mais toujours maîtrisée.



dma's en live


Je suis resté volontairement assez évasif sur les principaux morceaux du groupes. J’ai en effet voulu éviter de rentrer trop profondément dans les détails pour vous donner une raison de plus de découvrir le groupe. A ce jour, DMA’S a sorti deux albums, le premier ‘End Hills’ reste mon préféré car il sublime selon moi tous les points évoqués plus tôt. Cependant, ‘For Now’ n’est certainement pas à jeter, bien qu’un poil inférieur, il reste une précieuse pépite que je suis particulièrement fier de posséder en vinyle ! Aller, fermez moi cette page et foncez découvrir DAM’S.


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