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'Blue album' vs 'Pinkerton', quel est LE meilleur album de WEEZER ?

Par Mael

le 25/05/2019

Dans ARTICLE

Si vous avez été jeune dans les années 90, il y a de fortes chances que l’évocation de ce groupe ne vous laisse pas indifférent et, dans le cas échéant, peut-être connaissez vous tout de même le groupe grâce aux succès populaires qu’ont pu être Island In The Sun ou encore Say It Ain't So. Pierre fondatrice d’un punk ‘popisé’, d’un rock de geeks alors que ces derniers n’avaient pas la réputation d’aujourd’hui et figure emblématique du rock alternatif américain, WEEZER est certainement le groupe à écouter pour une immersion parfaite dans une vie universitaire tant clichée que romancée. Avec son premier album éponyme (communément qualifié de ‘Blue Album’), sorti en 1994, et son second opus, 'Pinkerton', paru en 1996, WEEZER a marqué durablement en sphère musicale alors en ébullition à Los Angeles. Pour s’en rendre compte, il suffit de constater que le groupe est toujours capable de tourner aux quatre coins du monde malgré les parfois plus que médiocres albums proposés depuis maintenant plus de 10 ans. De ce fait, pour tenter d'estimer les qualités musicales de WEEZER et de répondre une nouvelle fois au houleux débat agitant les admirateurs du groupe, La Platine Intitulée vous propose aujourd’hui de revenir sur les deux albums majeurs précédemment cités et tenter de définir le meilleur disque du groupe.

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Deux ans d’écart seulement, mais un monde entre les deux projets

Lorsque WEEZER sort son premier opus en 1994 (à savoir le 'Blue Album'), le groupe était alors l’initiative d’adolescents un peu perdus et relativement peu préparés au succès qu’ils allaient connaître. L’album est d’une naïveté sans pareil: skate, fêtes, amour; en sommes tous les éléments qu’allaient réutiliser tous les groupes de pop-punk du début des années 2000. Les thèmes sont donc ceux d’une jeunesse américaine dans sa plus grande banalité (ce qui explique en partie l’écho de l’album auprès de cette dernière).


'Pinkerton' est plus sombre, presque dépressif. Rivers Cuomo, lyriciste de la formation, y confronte ainsi ses doutes liés à son nouveau mode de vie fait de concerts et de sollicitations médiatiques, ou parle encore de déboirs plus intimes (notamment d’une relation affective qu’il entretenait par lettre avec une jeune japonaise).


Je pense honnêtement qu’il n’est pas idiot de considérer le WEEZER du 'Blue Album' et le WEEZER de Pinkerton comme deux groupes différents. La maturité n’était pas la même, les préoccupations non plus. De ce fait, les deux albums ne parlent pas nécessairement au même public… ce qui explique en partie le mitigé accueil qu’a reçu 'Pinkerton' alors que la jeunesse américaine ne demandait qu'à se défouler sur des hymnes optimistes.

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Sur le plan de la musicalité

Un grand facteur du succès du 'Blue Album' repose essentiellement sur l’implacable efficacité des mélodies du disque. Buddy Holly en est peut-être la plus digne représentante, composée d’harmonies vocales efficaces et de breaks l'étant tout autant, la chanson est d’un défouloir communicatif et résume à elle seule une groupe partie du 'Blue Album'. Cependant, résumer l’album à ses hymnes endiablées serait péjoratif. En effet, cet opus est aussi, par moment, un bijou de sincérité et de montée en puissance. Only In dreams, par exemple, base son efficacité sur sa ligne de basse interminable et sur sa tension inexorable.

Toujours sur la forme, l’album gagne à être d’un lisse parfait. La saturation ne déborde pas, les solos sont d’un court efficace et la voix toujours en maîtrise. Pas de travers donc, mais un disque misant tout sur la puissance de ses riffs plutôt que sur la sincérité de son expression.


'Pinkerton' est plus approximatif, marqué par la fébrilité du groupe lors de sa composition. Les effets des guitares semblent totalement aléatoires, la saturation est poussée à l'extrême. Rivers n’hésite pas non plus à crier pour lancer ses refrains et à proposer des rythmiques plus inédites (on a notamment en tête le tempo fou de The Good Life). 'Pinkerton' est globalement uniforme, mise à part sa fin, tout le disque est d’une passion constante. Les riffs sont mélancoliques, désillusionnés, rarement joués en clean.

les deux pochettes

Conclusion

Encore une fois, nous assistons au jour et à la nuit. Le 'Blue Album' brille par son innocence communicative tandis que les sonorités de 'Pinkerton' sont bien plus sombres et tourmentées. D’un point de vue personnel, je me reconnais plus dans le second cas et je pense que ce constat perdurera. D’un point de vue évident, je pense que le 'Blue Album' n’est pas un disque fait pour s’apprécier sur la durée. Tout est éphémère et témoigne d’une vie si caractéristique de l’époque. Il me semble en effet plus évident de me reconnaître dans 'Pinkerton' tant il traite de thèmes plus universels sur le plan chronologique. Cependant, mon affection reste double: j’écoute le 'Blue Album' pour son son, 'Pinkerton' pour ses textes; j’apprécie le 'Blue Album' quand je suis joie, 'Pinkerton' quand je ressens peine. Bien que les sonorités du premier opus soient excellentes, je me reconnaîtrais toujours plus dans les émotions communiquées par 'Pinkerton'. Mon choix est donc fait.

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